La Petite galerie du Louvre

Retrouvez la Petite galerie lors de la visite Décors de Seine.

De la Renaissance à l’âge classique

Lieu de passage et de prestige du Louvre royal, la Petite galerie est un bâtiment aujourd’hui peu remarqué dans le gigantesque bâtiment qui abrite le musée.
Pierre Lescot, l’architecte de François Ier et d’Henri II, commence en 1545 le Louvre que nous connaissons aujourd’hui. Telle a été l’entrée décisive de Paris dans la Renaissance française, et l’ancien Louvre qui n’avait pas su se départir de son allure de forteresse militaire a été démoli progressivement mais complètement.
La petite galerie du louvreDevant la façade du nouveau Louvre « du côté de la rivière », comme on disait à l’époque, se trouvait un jardin qu’on devine sur l’image. Pour offrir au roi une belle vue sur ce jardin Pierre Lescot construisit une terrasse sur un portique en 1566. Trente ans plus tard ce portique céda la place à la Petite galerie : plus de terrasse mais un bâtiment de deux étages et comble. L’étage supérieur abritait une galerie recevant les portraits des rois. Ce n’était pas encore un musée, mais l’esprit de collection faisait son oeuvre. C’est aussi en 1595 qu’on commença de construire la Grande galerie qui longe la Seine pour rejoindre le Palais des Tuileries aujourd’hui disparu.
Sous Louis XIV, en 1661, un incendie détruisit l’étage supérieur de la Petite galerie. Sa reconstruction fut aussitôt entreprise par Louis Le Vau. La décoration intérieure fut confiée à Le Brun qui dirigea un décor sur le thème d’Apollon. Ainsi l’ancienne Galerie des rois devint celle d’Apollon. Mais le décor resta inachevé pendant deux siècles, car le chantier de Versailles mobilisait de plus en plus d’artistes au détriment de Paris.
La petite galerie du louvrMalgré l’habileté de Le Vau on note une différence nette entre les deux niveaux de la Galerie : le décor est plus riche, l’ornementation plus chargée au rez-de-chaussée, surtout dans la partie centrale où les chaînages saillants de marbre noir et de pierre blonde affirment fortement l’entrée du bâtiment. Les angles sont traités en bossage vermiculé, une invention de Lescot rappelant les contorsions du lombric.
Le premier étage a cent ans de moins (reconstruit à partir de 1661). Le Vau y exprime le classicisme du Grand siècle : élégance sobre et assurée de la monarchie. La toiture et les lucarnes en oeil-de-boeuf sont en revanche les mêmes que celles que Lescot avait données au bâtiment primitif.
C’est aussi Le Vau qui doubla l’épaisseur de l’aile sud de la cour carrée du Louvre et qui ajouta un étage au pavillon qui jouxte la galerie (à gauche sur la photo) contribuant ainsi à atténuer l’effet de la Petite Galerie.